Institut du Nouveau Monde
Contre la violence faite aux femmes Envoyer

Ruban blancLe directeur général de l'INM, Michel Venne, a été invité à prendre la parole lors de la conférence de presse de lancement des 12 journées d'action contre la violence faite aux femmes, le 25 novembre dernier, dans le cadre du 20e anniversaire des événements tragiques de Polytechnique, le 6 décembre 1989. Le texte de sa déclaration peut être lu ci-dessous ou en la téléchargeant sous un format pdf.

Pour plus d'information, visitez le site de la Fédération des femmes du Québec.


Déclaration

Par Michel Venne
Le 25 novembre 2009

Lors de la conférence de presse de la Fédération des femmes du Québec
À l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes


Bonjour,
Je suis directeur général de l'Institut du Nouveau Monde.

C'est à titre personnel que je fais cette déclaration.

La violence atteint tous les êtres humains. Des hommes, des enfants, des vieillards sont victimes
d'abus, de domination, d'exclusion. Toutes les violences sont condamnables. Elles doivent toutes
être combattues, punies.

Mais parmi ces violences, la violence faite aux femmes ne doit jamais être banalisée. Cette
violence frappe les hommes autant que les femmes qui en sont victimes. Elle nous frappe d'abord
de honte. Honte que des hommes abusent de leur force physique pour détruire des êtres humains
égaux en droit et en dignité. Abusent de leur supériorité physique ou de leur statut social pour
diminuer, dominer, traiter comme une marchandise, réduire à rien des femmes qui ne demandent
que l'autonomie et l'égalité. Pire, ce sont souvent des femmes que ces hommes prétendent aimer,
qui sont victimes des coups ou des injures de leurs conjoints, de leurs pères, de leurs collègues.
Cette violence frappe aussi les hommes parce qu'elle dit quelque chose de mauvais sur l'état
global de notre société. La violence faite aux femmes est encore si répandue qu'elle a un
caractère politique. Elle est la manifestation d'un échec de notre civilisation.

Pourquoi, ma fille, ma femme, ma mère, ma soeur, lorsqu'elles marchent sur la rue, le soir, même
à Montréal, ville pourtant pacifique, quand on la compare, ressentent une peur d'être là ? Peur
d'être agressées. Peur que je ne ressens presque jamais.

Je ne réussis pas à comprendre, par exemple, la réticence de certains de nos élus à maintenir et
renforcer le registre des armes à feu, mesure toute simple, qui ne règle pas tout, mais qui envoie
un signal : on ne peut pas, dans une société pacifiste, se trimbaler avec une arme n'importe quand
et n'importe comment.

Les 14 femmes qui sont mortes sous les balles d'un tueur enragé contre l'avancement des femmes
dans la société, ne sont pas parties par accident de s'être trouvées sur le chemin d'un tireur fou.
Elles sont parties à cause d'une haine. Une haine inexcusable envers tout un groupe de la société.

À côté des événements exceptionnels, car il faut tout de même admettre que Polytechnique est un
événement exceptionnel, c'est la violence ordinaire qui est la pire. Insidieuse.

Des hommes vont m'entendre dire ces mots ce matin et se mettre en colère. Ces hommes-là nient
le caractère particulier de la violence faite aux femmes. Pour eux, les hommes sont victimes de
violence autant que les femmes. Je l'ai dit : la violence existe et elle touche tout le monde. Mais
le fait d'une violence encore répandue et spécifique envers les femmes est indéniable.

Nous, les hommes, devons beaucoup aux femmes qui nous ont élevés, qui nous ont aimés et qui
nous aiment. Qui, dans diverses fonctions de notre société, rendent la vie meilleure. Certes, nous
sommes nombreux, aussi, les hommes, à faire de même. Nous parlons ici de réciprocité. Et c’est
là, ce qu’il faut.

Réalisons simplement que le combat des femmes, le combat féministe, qui fut et qui demeure
l’un des mouvements les plus progressistes et les plus nécessaires de notre humanité, est un
combat pour les valeures humaines les plus fondamentales pour tous : la dignité, le respect de la
vie, l’égalité, l’autonomie et la liberté. Lorsque les femmes se sentiront égales, c’est que les
hommes seront égaux. Lorsqu’elles cesseront d’avoir peur, c’est que nous vivrons dans une
société de paix. C’est ce que nous voulons tous.

Merci.



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