
| Documentation - Refus global |
![]() DOCUMENTATION - REFUS GLOBAL Introduction Rompant avec les valeurs d'une élite bourgeoise, Refus global dénonce les excès de la science dominée par la raison et l'immobilisme de la société québécoise de l'époque. Pour Borduas et son groupe, il faut désormais entreprendre une transformation des sensibilités, faire place à des valeurs comme l'amour, « les mystères objectifs », la passion, l'anarchie, d'où jaillirait un ordre nouveau et spontané. Contexte Au début des années 1950, le clergé compte 50 000 religieux qui dirigent les universités, les collèges classiques, la plupart des hôpitaux, les syndicats, les maisons d'édition et une multitude d'organismes paroissiaux. Maurice Duplessis cherche à protéger les valeurs conservatrices en place pendant ses années au pouvoir, entre 1936 et 1959. Les artistes qui souhaitent sortir des sentiers battus se font remettre sur le droit chemin, d'autres sont forcés de s'exiler. Après la Seconde guerre mondiale, de plus en plus de Québécois veulent désormais remplacer l'idéologie de conservation par une idéologie de contestation. La parution du manifeste du Refus global paraît aujourd'hui comme l'un des premiers signes de l'arrivée prochaine de la Révolution tranquille. Le mouvement automatiste C'est lors d'une exposition en février 1947 que le groupe d'artistes se voit attribuer le nom d'« automatiste » par le critique d'art Tancrède Marsil jr dans l'édition du 28 février de la revue Quartier Latin. Cette appellation est tirée d'un tableau de Borduas, « Automatisme 1.47 » Borduas croyait dans l'art comme processus de transformation. Pour lui, l'action politique est bonne mais à court terme seulement, alors que l'art a une action beaucoup plus lente mais plus profonde. L'art a le pouvoir de modifier les consciences. La philosophie du Refus global Il remet en question les valeurs traditionnelles et rejette l'immobilisme de la société québécoise de l'époque. Il condamnation l'église, la politique et les sciences (« elles remplacent en haut lieu l'intuition »). Refus global critique l'absence de spontanéité et l'impossibilité d'exprimer son individualité. Il dénonce ce qui paralyse tout esprit créateur : la peur. Il fait l'éloge de la liberté totale, l'émergence de l'inconscient, la gratuité du geste. Paul-Émile Borduas Suite à la publication du manuscrit, les journaux s'emparent de l'affaire. Quelques jours après, Borduas est congédié de l'École du meuble pour « conduite et écrits incompatibles avec la fonction d'un professeur dans une institution d'enseignement de la province de Québec ». En 1953, il est forcé de s'exiler. Il part à New York. Deux ans plus tard, Borduas se tourne vers Paris, où il finira ses jours en 1960 à l'âge de 54 ans. Publication du manifeste Au-delà des milieux intellectuels et de la presse, le manifeste fait peu de bruit. Il faudra attendre le début des années 1960 pour voir certains intellectuels, comme Pierre Vadeboncoeur, redécouvrir le manifeste en pleine Révolution tranquille. Mais c'est en 1969, lors de la parution de la revue Barre du jour, consacrée aux automatistes, que le public redécouvre lui aussi l'importance de ce mouvement. Sources : |