Institut du Nouveau Monde
Documentation - Lectures/Forums

L'École d'été 2006

DOCUMENTATION - LECTURES FORUMS

Tous les participants des forums sont invités à en apprendre un peu plus sur le sujet du forum auquel ils participent. À ce sujet, nous vous proposons de lire certains articles que nous avons sélectionnés pour vous dans le quotidien électronique LeDevoir.com ou encore dans les différentes publications de l'INM. Ceci dit, rien ne vous empêche d'effectuer des recherches pour trouver encore plus d'information sur votre sujet. Pour savoir comment, cliquez ici.

Génération et engagement : dites-moi votre âge, je vous dirai comment vous vous engager
L'engagement des citoyens change de visage avec la société qui l'inspire. La génération du baby-boom a connu l'engagement politique pour la question nationale ou le milieu communautaire. Le dénominateur commun chez cette génération était principalement un esprit militant et solidaire fort développé, qui se traduisait par la poursuite de grands projets de société, d'acquis sociaux progressifs : le syndicalisme, l'État providence... Aujourd'hui plus vieux, ces mêmes babys boomers sont souvent accusés d'être cyniques face à la politique, face aux projets d'avenir du Québec, d'avoir déserté les rangs de l'engagement et de n'être préoccupés que par leur seul bien-être. Pourtant, ce noir portrait fait abstraction du fait que des milliers d'aînés Québécois font du bénévolat tous les jours. Des volontaires oeuvrant dans les centres communautaires en passant par les associations citoyennes, ils travaillent 308 600 000 millions d'heures, soit l'équivalent de près de 171 500 emplois à temps plein.

Les jeunes, malgré les nombreux préjugés relatifs à leur passivité, ne sont pas en reste du point de vue de l'engagement. Gil Courtemanche croyait qu'ils étaient « apolitiques, hédonistes et égoïstes », plus intéressés par les jeux vidéo, le heavy metal et les intrigues de la téléréalité que par les enjeux sociaux et politiques (« Petite révolution et occasion ratée », Le Devoir, 2-3 avril 2005). Pourtant, même s'ils votent moins, les jeunes ont protesté par milliers contre les coupures budgétaires en éducation, contre le recul de l'État providence. Désintéressés ? Par l'engagement syndical peut-être, mais par l'engagement politique ? Comment expliquer alors que tous les partis aient une aile jeunesse et que les jeunes aient envahi le PQ ? Voter est-il la seule manière de participer aux décisions politiques ?

Dans un autre ordre d'idées, l'achat de produits équitables et la préoccupation environnementale attire de plus en plus de gens. Doit-on considérer cette tendance comme une nouvelle forme d'engagement ? Si oui, comment expliquer alors les nombreuses manifestations de groupes écologistes tels que Greenpeace dans les années 1970 ? Et que dire de l'altermondialisation ? Est-ce seulement le nom d'une coopération internationale « nouvelle vague » ? Les causes internationales, comme celle des Autochtones, de la pauvreté, de la lutte pour les droits des femmes, sont-elles symptomatiques d'un engagement nouveau ?

Finalement, doit-on dire que l'âge d'une personne la voue à s'engager d'une manière spécifique ou que l'engagement lui-même change de visage au fil du temps ? L'image que l'on se fait communément du jeune, uniquement préoccupé par l'altermondialisme, ou celle de la maman impliquée exclusivement dans le conseil de parents de l'école, correspondent-elles vraiment à la réalité ? Et que dire du portrait trop souvent dessiné de l'aîné, dont l'engagement se résumerait à une participation au club associatif local ? Toutes ces représentations ne seraient-elles que le reflet de nos préjugés ?

 Articles à lire dans le quotidien LeDevoir.com :

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Le rayonnement international du Québec Souvent, les quotidiens comme les téléjournaux s'efforcent de marquer les bons coups que le Québec fait à l'étranger. De la percée d'un brillant généticien au succès fulgurant d'un film québécois à l'étranger, le rayonnement de la province à l'extérieur des frontières du pays semble souvent phénoménal. Mais est-ce bien le cas ? Abstraction faite de leur succès international, le Cirque du Soleil et Céline Dion sont-ils vraiment des ambassadeurs de la culture québécoise ? Il est vrai que les industries culturelles made in Québec attirent, chaque année, 40 millions de visiteurs à Las Vegas, mais contribuent-elles réellement à la notoriété du Québec dans le monde ?

Le même genre de questions pourrait se poser sur le plan de la politique internationale. En 2005 et 2006, la position du Québec s'est affermie dans cette nouvelle arène politique. Par exemple, dans le dossier de la diversité culturelle, le Québec a insisté auprès des pays membres de l'UNESCO sur l'importance de protéger les cultures minoritaires face au libre-échange. La Convention sur la diversité culturelle signée en 2005 par 148 pays représente certainement une grande victoire diplomatique sur la scène internationale pour le Québec, mais est-ce suffisant ? Malgré la volonté du gouvernement Charest de faire rayonner le Québec, le budget du ministère des Relations internationales est resté le même que l'an dernier. La province a déployé d'innombrables efforts pour pouvoir faire cavalier seul dans certains lieux de la politique internationale, mais demeure-t-il encore plus efficace que le Canada ne parle que d'une seule voix ? Si le Québec désire se forger une place respectable sur cette scène, s'en donne-t-il les moyens ?

L'économie mondiale est également un lieu fort compétitif. Au chapitre des relations commerciales, le Québec a tout intérêt à tisser des liens privilégiés avec ses partenaires pour se tailler une place respectable. Si le Québec a compris l'importance des missions économiques en Chine, a-t-il oublié, au nom du développement économique, les violations des droits de la personne commises dans ce pays ? Faut-il continuer d'adhérer au libre-échange avec les États-Unis et le Mexique ? Sommes-nous même encore libre-échangistes ? Cette avenue est-elle encore viable dans la perspective du rayonnement économique de la province ?

Nous le savons mieux que quiconque, le Québec a beaucoup à offrir au monde. Des produits technologiques et scientifiques sont développés au Québec. Les domaines de l'aérospatiale (simulateur de vol, construction d'avion, etc.), de la médecine, des communications et de l'environnement sont autant de champs d'activités dans lesquels le Québec excelle, sans compter une culture vivante et épanouie et des projets couronnés de succès sur les plans politique et économique. Mais dans l'ensemble, le Québec fait-il les bons choix pour rayonner au-delà de ses frontières ?

Articles à lire dans le quotidien LeDevoir.com :

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Articles à lire dans le quotidien LeDevoir.com :

La nationalisation du vent, idée en l'air ou projet de société ?
Un récent sondage du périodique Les Affaires révélait que 53 % des personnes interrogées croient que l'éolien peut répondre à long terme aux besoins énergétiques des Québécois. Il est donc facile de comprendre que certains souhaitent ardemment voir Hydro-Québec s'approprier cette nouvelle énergie en la nationalisant. La société d'État, cependant, procède plutôt par appels d'offres en achetant l'énergie de compagnies privées capables de la lui offrir à bon prix. Des abords de la Baie James en passant par la Côte-Nord, la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent, sans compter les gisements présents en mer, le Québec, de l'avis de tous les experts, est extrêmement riche en « gisements éoliens ». Malgré tout, les objectifs d'Hydro-Québec demeurent modestes : 10 % de l'énergie produite par l'ensemble du réseau d'ici 2015, soit environ 4000 mégawatts. Ailleurs dans le monde, en Allemagne par exemple, on vise plutôt 32 % d'ici 2015.

La technologie et l'expertise existent donc déjà, disent certains. La société d'État devrait exploiter cette expertise par le biais du privé plutôt que de disperser inutilement ses énergies en se forgeant de toutes pièces une expertise au moyen de la nationalisation. De plus, réitèrent les opposants à la nationalisation, l'énergie éolienne est coûteuse à produire. Selon eux, le privé offrirait des tarifs comparables à ce qu'il en coûterait à Hydro si elle produisait elle-même cette énergie. Ceci leur fait conclure que la société d'État bénéficie déjà des retombées économiques que la nationalisation de l'éolien ne pourrait garantir.

Les partisans de la nationalisation, de leur côté, misent sur les avantages que le Québec pourrait retirer : le développement d'une nouvelle expertise québécoise et la création de nouveaux emplois s'y rattachant. L'énergie éolienne étant en plein essor dans le monde, les partisans y voient une occasion pour le Québec d'être à nouveau innovateur en s'offrant la chance d'exploiter une ressource inépuisable et verte capable de répondre aux besoins énergétiques croissants de la population et ce, à moindres coûts. En empochant les profits réservés jusqu'ici au privé, Hydro garantirait que l'argent reste au Québec tout en revitalisant l'économie des régions.

Du privé au projet de société, il semble que le vent n'ait pas fini de tourner !

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Santé et éducation : les intérêts générationnels sont-ils compatibles ?
Depuis quelques années, le déclin démographique qui touche le Québec et plusieurs pays occidentaux préoccupe les experts. La population vieillissante exige que l'on repense les priorités économiques de l'État et des services sociaux. Comme les préoccupations d'une société évoluent avec celles de la majorité des citoyens qui la composent, il n'est pas étonnant de constater que la santé occupe une place de choix dans l'agenda de nos politiciens ainsi que dans les débats publics. Or, les jeunes réclament aussi que les budgets ne délaissent pas leurs intérêts, l'éducation étant leur priorité. Durant la grève générale des étudiants, en 2005, ceux-ci ont protesté en grand nombre contre les coupures en éducation.

Au Québec, les deux premiers postes de dépenses gouvernementales sont la santé (22,1 milliards) et l'éducation (12,8 milliards). Cependant, tous savent bien que quiconque oserait parler de coupures budgétaires en santé engagerait sa carrière politique sur une pente très glissante. Reste donc l'éducation. Si cette dernière arrive en deuxième, la hausse du budget n'a toutefois été que de 5,4% par rapport à l'an dernier. À l'heure où les étudiants terminent leurs études de plus en plus endettés pour s'engager sur un marché du travail offrant de moins en moins de stabilité d'emploi, nous devrions investir dans l'éducation, estiment certains.

Comme la santé et l'éducation sont tous deux les services de l'État providence les plus coûteux, comment assurer la pérennité de l'un comme de l'autre ? L'ouverture du débat sur la place des intérêts privés dans les deux sphères provoque beaucoup de réticences. Est-il possible de préserver le caractère exclusivement public de ces deux services ? Doit-on faire un choix ? Dans le but de rapprocher les deux priorités, certaines études démontrent que plus une population est éduquée, moins elle est malade. Une inquiétude du côté des plus jeunes réside pourtant dans le fait que les citoyens des générations X et Y, beaucoup moins nombreux que les baby-boomers, feront face à des coûts importants liés à la santé en même temps qu'ils devront payer l'éducation de leurs enfants en plus de rembourser la leur dans certains cas. Comment assurer l'équité entre les générations ? Qui doit payer la facture ? Manque-t-on d'argent ou d'imagination ? La santé des uns doit-elle nécessairement être favorisée au détriment de l'éducation des autres ?

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Quelles valeurs pour le Québec ?
Depuis la Révolution tranquille, le Québec a bien changé. Pourtant, la nation québécoise continue de battre au rythme des valeurs qui ont contribué à lui donner son identité moderne : laïcisme, pacifisme et ouverture sur le monde. Par ailleurs, depuis quelques années, de nouvelles préoccupations sont apparues. C'est ainsi que l'on a vu poindre de plus en plus de Québécois solidaires, lucides, réalistes, environnementalistes, altermondialistes, en faveur du développement durable, etc.

Pour un Québec laïc… Si la Révolution tranquille a provoqué la séparation de l'Église et de l'État, on a vu le débat sur la laïcisation des institutions scolaires se poursuivre jusqu'à tout récemment dans notre histoire. Dernièrement, le port du kirpan à l'école et la question du voile ont fait resurgir cet enjeu important de notre identité. Désormais plus liée que jamais à la question des identités culturelles, la question de la laïcité véhicule les enjeux liés au multiculturalisme et à l'interculturalisme. Comment alors concilier notre volonté de laïcisation avec une ouverture sur les autres cultures ?

Pour un Québec durable… Face au gouvernement actuel qui est en passe de renier son adhésion au protocole de Kyoto, Québec a décidé de passer à l'action dans les dossiers des matières recyclables et des changements climatiques. Que nous dit cette volonté politique quant aux aspirations du Québec ? Doit-on percevoir la popularité grandissante des produits biologiques et équitables comme le symbole de nouvelles valeurs ?

Pour un Québec solidaire… En février dernier, un nouveau parti politique a été créé. Québec Solidaire se veut féministe, écologiste, altermondialiste et indépendantiste. Prônant une approche fort différente de celle des autres partis politiques, Québec solidaire rejoint-il réellement les valeurs des Québécois ?

Pour un Québec lucide… De son côté, le /Manifeste pour un Québec lucide/ cherche à illustrer l'utilité de prendre certaines mesures ultralibérales pour l'avenir du Québec et prône une approche de la souveraineté qui prend surtout en compte le profil économique de la nation québécoise. Sans nier l'État providence, les lucides favorisent des solutions telles que le remboursement de la dette, l'investissement massif de fonds dans l'éducation, l'annulation des gels des frais de scolarité, les hausses des tarifs d'électricité et la mise en place de mesures favorisant l'apprentissage de l'anglais pour rendre le Québec plus compétitif sur la scène internationale, etc. Les Québécois se retrouvent-ils dans ces plans d'avenir ?

Face à ces nouvelles préoccupations sociales, comment définirait-on les valeurs du Québécois d'aujourd'hui ? Dans la vision du Québec de demain, que désirons-nous favoriser exactement ?

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La dette et les finances publiques, entre gérer pour demain et payer pour hier
Même si le gouvernement Charest est allé de l'avant avec la création du Fond des générations, la question de la dette québécoise (qui équivaut à 42% du produit intérieur brut (PIB) de la province) demeure l'objet d'une polémique : les auteurs du Manifeste lucide s'inquiètent de la situation, alors que ceux du Manifeste pour un Québec solidaire, par exemple, prétendent qu'il n'y a pas lieu d'être aussi alarmistes.

Même si le gouvernement Charest est allé de l'avant avec la création du Fond des générations, la question de la dette québécoise (qui équivaut à 42% du produit intérieur brut (PIB) de la province) demeure l'objet d'une polémique : les auteurs du Manifeste lucide s'inquiètent de la situation, alors que ceux du Manifeste pour un Québec solidaire, par exemple, prétendent qu'il n'y a pas lieu d'être aussi alarmistes.

À l'argument de l'équité s'ajouterait aussi l'argument de l'incertitude ; si le Québec souffrait d'un ralentissement économique (baisse du PIB) ou qu'il advenait une augmentation des taux d'intérêt, la dette deviendrait incontrôlable. C'est dans cet esprit que le Fonds des générations a été créé. Dans le fond le gouvernement parie que le rendement du Fonds des générations sera supérieur à la croissance des taux d'intérêt, mais cela, seul l'avenir nous le dira…

De leur côté, les jeunes des générations X et Y, les points de vue sont partagés ! Certains disent que l'endettement du Québec est loin d'être la catastrophe qu'on nous dépeint : la dette québécoise représentant 44 % du PIB provincial, nous serions dans la moyenne de l'OCDE (entre 40 et 50 %). Par ailleurs, les calculs actuels tiennent compte du régime de pension des employés de l'État, ce qui n'est pas le cas ailleurs. En retranchant cette somme, la dette avoisinerait plutôt les 29 %. Sans compter que 68 % de la dette serait due à des dettes à taux fixe, donc insensibles aux fluctuations des taux d'intérêt. En somme, il n'y pas de quoi annoncer l'apocalypse ! Certains pensent en effet, que la soudaine urgence du remboursement de la dette n'est qu'une mise en scène destinée à faire avaler aux jeunes une facture assez salée… des 117 milliards constituant la dette actuelle, 85 milliards correspondraient à la dette accumulée par la génération des baby-boomers ! Enfin, rien ne garantit que les sommes versées pour la réduction de la dette aujourd'hui soient réellement affectées au remboursement de la dette demain... D'un autre côté, la FEUQ et la FECQ se disaient récemment pour le remboursement immédiat de la dette, ce qui leur attira les foudres de plusieurs associations étudiantes. Ces incertitudes invitent ainsi à la recherche d'autres manières de procéder : un remboursement proportionnel au revenu, un fonds de santé, de nouvelles taxes, une hausse des impôts, etc. En attendant, entre payer pour hier et gérer pour demain, il reste tout un débat à faire.

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